"J’ai l’impression de préparer l’Olympia toutes les semaines"
D’autant plus que le temps de préparation est très court…
Avec le pianiste, je ne les vois qu’une heure chacun pour cerner ce qu’ils ont envie de faire avec la chanson qu’ils ont choisie. Mon rôle est de les pousser à prendre des risques, tout en m’assurant qu’ils ont sélectionné un titre qu’ils sont capables de chanter. Ensuite, tout se passera directement pendant les répétitions. On ne peut donc pas se louper, car ils ne pourront pas retravailler.
Il faut un mental d’acier, car c’est très lourd d’être continuellement en compétition. Avec eux, j’ai l’impression de préparer l’Olympia toutes les semaines. Pour nous, les coachs, c’est aussi très difficile, car nous absorbons beaucoup de leur angoisse.
J’avais déjà été approchée lors de la première édition, mais pour être membre du jury. Cela ne s’est pas fait, et je n’en ai aucun regret. Je ne me serais pas sentie à ma place, à moins d’avoir un rôle de modératrice car, en tant que coach, je suis maternante. Il m’aurait été difficile de faire des jugements à l’emporte-pièce, et j’aurais sans cesse essayé d’excuser les candidats.
Quand elles me semblent justifiées, mais ce n’est pas toujours le cas. C’est un rôle difficile que de devoir se prononcer comme ils le font. Je n’aurais pas la cruauté de le faire, je ne saurais pas. Parfois, je ne suis absolument pas d’accord avec eux alors qu’ils sont laudatifs, comme je ne comprends pas toujours lorsqu’ils sont négatifs… Comme on dit chez Racine : "Je n’ai mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité." Souvent, je me console en me disant qu’on est à la télé.
Interview tv8


